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Guldenberg / De Ranke (Mouscron)

Date d'ajout: avril 01, 2013

Guldenberg---verre

La brasserie est hennuyère. Ses deux brasseurs viennent de Flandre occidentale. Leurs bières artisanales sont amères, réalisées à partir de fleurs de houblon.

Pendant près de 15 ans, ils se sont contentés d’un brassin par semaine, le vendredi. Et encore, l’effectuaient-ils dans une brasserie des environs dont ils louaient le matériel. Pourtant, déjà à l’époque, leurs bières étaient distribuées dans une dizaine de pays dans le monde ! Depuis 2005, finances aidant, ils ont pu investir dans la brique et les cuves pour profiter de leurs propres installations. Et depuis 2010, Nico Bacelle est devenu brasseur professionnel; traduction : il a abandonné son 4/5e temps dans une société d’installation de systèmes frigorifiques pour se consacrer à temps plein à leur brasserie. Son coéquipier, Guido Devos, n’a pas (encore ?) fait le grand saut et œuvre toujours à temps partiel au Cadastre. Ce sont désormais deux brassins hebdomadaires (les mercredis et vendredis) qu’ils chérissent. Soit 3000 hectolitres par an pour 8 marques.

Etonnante histoire que la leur, d’une passion devenue hobby puis métier. Et singulière réussite.

Nico Bacelle vient de Wevelgem, Guido Devos de Zwevegem, deux communes qui enserrent Courtrai. Ils avaient 20 ans en 1978 quand ils découvrent, chacun de leur côté, les bières artisanales. Et l’énorme littérature qui les concerne. « On les trouvait nettement meilleures car bien plus goûteuses que les bières commerciales développées dans des brasseries industrialisées, automatisées », se souvient Nico Bacelle, qui non seulement décide de suivre une formation de brasseur à Gand (milieu des années 80), mais encore d’expérimenter plusieurs recettes dans l’enceinte même du commerce de ses parents, fabricants de limonades. Sans y toucher apparemment, il crée la « Guldenberg », une bière d’abbaye pleine d’arômes et d’amertume, dont il produit quelques milliers de litres en collaboration avec la Brasserie Deca à Woesten.

Au milieu des années 90, il rencontre Guido Devos, brasseur tout aussi amateur que lui. Ensemble, en 1996, ils créent la brasserie « De Ranke », terme qui, en flamand, signifie la tige de houblon. Un nom pour eux évident. « Si les vieux brasseurs parvenaient à réaliser cette bière qui nous plaisait tant, c’est parce qu’ils utilisaient des fleurs de houblon séchées qui n’endommagent pas les arômes – à l’inverse des extraits, granules et autres pellets de houblon -, et parce qu’ils ne filtraient pas et ne pasteurisaient pas les brassins. Et c’est ce qu’on a décidé de faire. »

A deux, ils créeront de nouvelles bières, toutes plus amères que la Guldenberg d’origine : la « XX Bitter » (la bière belge la plus amère, qui a d’ailleurs fait la réputation de la brasserie); la « Noir de Dottignies » (une brune de dégustation); la « Cuvée de Ranke » (une bière acidifiée coupée avec de la Lambic); la « Kriek De Ranke » (au goût fruité); la « Père Noël » (bière de fin d’année avec une pointe de réglisse); la Hop Harvest (une bière produite une fois l’an, avec des fleurs de houblon fraîchement coupées); et, depuis 2010, la « Saison de Dottignies » (une bière locale, ambrée).

Car c’est dans le Hainaut tout proche, à Dottignies, que le duo achète, en 2000, les locaux de stockage qui deviendront, 5 ans plus tard, leur brasserie. « Et que dans le Hainaut, on fait des « Saison », sourit Nico Bacelle. Toutes les brasseries en font : Pipaix, Silly, Caseau On s’est senti obligé d’en brasser une aussi, et on en est très content. »

« On a bâti la brasserie à l’ancienne », ajoute-t-il. Leur matériel : une cuve à ébullition à feu nu (indispensable pour qui travaille directement les fleurs de houblon, « et nous ne sommes pas plus de 10 à encore le faire en Belgique »); une chambre froide pour les fleurs (produites à Warneton); des tanks de garde pour la fermentation; une petite chaîne d’embouteillage « Double fermentation », précise encore le brasseur, qui montre la manière dont il prélève le jus sans filtration, la levure s’étant déposée dans le fonds de cuves, « suivie d’une refermentation en bouteille. »

Artisans, ils sont. « Ce qu’on aime, c’est brasser nous-mêmes. » Artisans, ils veulent rester. « Notre ambition n’est pas la croissance. Si on avait investi dès le début dans une brasserie, peut-être aurions-nous une autre taille aujourd’hui. Mais on ne le pouvait pas à l’époque. Notre croissance est lente, liée à des éléments externes : 500 hectolitres jusqu’en 2005; 1000 hectolitres entre 2005 et 2010, mais en ne travaillant que les vendredis et les week-end. Depuis 2010, on brasse en moyenne 3500 hectolitres. Avec l’équipement actuel, on pourrait monter jusqu’à 4000. Mais c’est un maximum. Ce n’est qu’alors que l’on prendra la décision de grandir ou de rester comme on est « 

Source : lalibre.be Août 2012

La dégustation : 

Alcool : 8.5%

Apparence : Belle robe blonde jaune foncé, présence d’un voile léger (levure présente au fond de bouteille)
Mousse d’une belle couleur blanche, assez abondante.

Nez : Des senteurs de houblons, senteurs florales avec une petite pointe de zeste citron.
Petite note de pain frais. Alcool à peine perceptible au nez.

Goût : Plutôt douce, vient ensuite les notes fruitées du houblon, l’amertume arrive en fin de bouche et y reste assez longtemps. Léger goût malté.

Très bonne bière apéritive et rafraichissante.

Longue période de conservation.

Où la trouver ? 

Dans tous les bons drinks shop.

Moeder Lambic

Prik & Tik (Flandre)

www.beer-city.be