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Monkey Barrel / Nanobrasserie de l’Ermitage (Bruxelles)

monkey barrelMonkey Barrel – Vol. Alcool : 9%

Le pitch:

Voilà presque un an, nous dégustions la Monkey Island, un export stout sorti tout droit des cuves de l’Ermitage et créé en étroite collaboration avec Malt Attacks et le Dynamo. Le nom et l’étiquette n’étaient pas sans rappeler le cultissime jeu d’aventure “The secret of monkey island” qui a certainement marqué un grand nombre de fans du genre à l’époque. Ce jeu ne compte d’ailleurs pas moins de quatre suites, la seconde étant sans aucun doute la plus marquante. Pour cette deuxième suite en bouteille, notre “trio de pirates” a fait séjourner la bière non pas en barriques de Grog mais bien huit mois en fûts de Nuit-Saint-Georges (cépage pinot noir), vin D’AOC de la région de Bourgogne-Franche-Comté. Ce vin d’exception s’immisce doucement mais sûrement dans le paysage brassicole belge avec déjà quelques créations de qualité telles que la Bruxellensis Réserva de la brasserie de la Senne, la Minautore du Brussels Beer Project, sans oublier l’inégalable Bush de Nuit de la brasserie Dubuisson. Voyons ce qu’il en est avec la Monkey Island.

La dégustation:

Après un “gushing” inattendu lors du décapsulage de la bouteille, le verre se remplit d’une mousse épaisse et crémeuse aux couleurs beige-noisette, flirtant parfois avec des reflets acajou lorsqu’on remue le verre. L’affaissement de notre tapis mousseux nous permet d’observer une robe noire qui a gardé son éclat ténébreux et insondable. Le premier nez est marqué par des parfums boisés, torréfiés et vineux. L’approfondissement olfactif pousse la complexité vers d’autres arômes gourmands de cacao et de nougat mais aussi de cerises macérées, de prune, de cuir et de légères notes terreuses. Le passage de la bière en barrique semble avoir diminué son PH mais non sa pétillance. L’attaque en bouche est donc plus acide que celle de sa petite sœur, accompagnée d’une belle effervescence bien distincte. Les saveurs vineuses et torréfiées, auxquelles se mêle un aspect plus doux de caramel et de sucre candi, basculent subitement sur une amertume torréfiée, de pain grillé et délicatement houblonnée. Cette bière assurément complexe a rangé son costume de houblon exotique pour s’émanciper en fût et offrir une bière vineuse à souhait, brute, gourmande et capiteuse. Autant dire que l’on espère qu’il y aura plus de suites brassicoles que vidéo-ludiques de cette Monkey Barrel!
Alain De Bouvère