Alcool et grossesse : les pères aussi concernés

Alcool et grossesse : les hommes également concernés

Il est extrêmement risqué, pour ne pas dire totalement dangereux, de consommer de l'alcool lorsque l'on attend un enfant. Normalement, ce n'est pas un scoop... Mais saviez-vous que ce conseil prévaut également pour les papas? Et on ne parle pas ici d'arrêter ou de diminuer sa consommation d'alcool par soutien moral envers sa femme : plusieurs études démontrent que la consommation d’alcool altère la fertilité, y compris chez les hommes, tandis que "les troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF, en gros l'exposition à l'alcool du bébé se trouvant toujours dans l'utérus) peuvent aussi résulter des usages des hommes (via la toxicité de l’alcool transmise par les spermatozoïdes)". Nous vous en parlions brièvement l'année dernière, à l'occasion d'un communiqué de presse de la Haute Autorité de Santé en France qui évoquait l'inégalité des hommes et des femmes face à l'alcoolisme, et notamment son traitement et sa considération.

Simple précision au sein de cet article, la responsabilité des hommes est pourtant de plus en plus pointée du doigt lorsque l'on évoque la grossesse et son déroulement. Le Monde en parle encore en ce début d'année, et évoque les risques pour le développement des cellules du futur bébé. La consommation d'alcool peut provoquer des dégâts tant au cerveau qu'à l'organisme du fétus, mais aussi augmenter les risques de fausse couche, de mort in utero, et d’accouchement prématuré. Mais une étude de l'European Journal of Preventive Cardiology tirait déjà la sonnette d'alarme en 2019 : afin d'éviter des malformations cardiaques, la femme mais aussi l'homme devraient s'abstenir de boire de l'alcool au moins SIX MOIS avant la conception du futur enfant. Une recommandation des plus sévères, mais nécessaire quant on sait qu'une consommation immodérée (trop régulière ou liée au "binge-drinking") peut augmenter jusqu'à 52% les risques de malformations cardiaques congénitales... chez les hommes ! Les risques ne sont "que" 16% plus élevés pour les femmes.

D'autres études, publiées dans d'autres articles, évoquent un sevrage plus mesuré de trois mois seulement. Pourquoi trois mois? Car c'est le temps qu'il nous faut à notre corps pour renouveler totalement son stock de spermatozoïdes, leur quantité et leur qualité étant très affectés par une consommation même faible d'alcool. Heureusement pour les messieurs : une fois la grossesse lancée et confirmée, leur consommation d'alcool n'a plus d'incidence sur le bon développement de leur futur rejeton... même s'il est sans doute de bon ton de soutenir sa femme dans le sevrage. Chez nos voisins français, environ 1% des naissances comporte des troubles du spectre de l’alcoolisation fœtale. Chez nous, La Libre évoque une à deux naissances sur 1000, au-dessus de la moyenne européenne.

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