Le PDG de Heineken, Dolf van den Brink, vient d'annoncer son départ à la surprise générale. Il devrait quitter ses fonctions le 31 mai 2026 très précisément, selon un communiqué officiel du groupe brassicole néerlandais publié ce lundi. Malgré cette décision, M. van den Brink accepte de "rester à la disposition de la société en qualité de conseiller pendant une période de huit mois, à compter du 1er juin 2026". Toujours dans ce même communiqué, l'entreprise précise que Dolf van den Brink a passé 28 ans au sein de Heineken, dont six en tant que PDG : "six ans à la tête de Heineken, durant lesquels il a guidé l’entreprise à travers des périodes économiques et politiques tumultueuses".
C'est justement dans un contexte toujours difficile que Dolf van den Brink a décidé de prendre la porte : Heineken continue de faire face à un recul de ses ventes, une augmentation générale des coûts... et des investisseurs mécontents. Le principal intéressé a simplement affirmé que "les dernières années ont été marquées par des changements importants nécessitant une transformation de Heineken. Celle-ci est désormais à un tel stade qu'un changement de direction servirait au mieux les ambitions à long-terme de l'entreprise" La dernière décision d'envergure prise par Dolf van den Brink réside dans le plan "EverGreen 2030", dont le but avoué est d'accélérer la croissance de Heineken sur une période de cinq ans, alors que le monde est en perpétuelle mutation. Le sacre de Dolf van den Brink a également été marqué par des soucis dans les marchés émergents du Vietnam et du Nigeria, des investissements d'envergure en Inde et en Afrique du Sud, des conflits avec les investisseurs regardant sa façon de mener l'entreprise et enfin d'importantes restructurations au sein de l'entreprise, occasionnant la perte de plusieurs centaines d'emplois. Le communiqué s'achève en remerciant le PDG pour ses années de service, et confirme la recherche d'un remplaçant.
Si tous les acteurs du secteur brassicole, grands comme petits, traversent une importante crise depuis plusieurs années désormais, la dégringolade de Heineken est plus marquée que chez ses concurrents AB InBev et Carlsberg. Les coupables sont désormais bien connus : un désintérêt grandissant du grand public pour la bière, l'augmentation des coûts en énergie ou des matières premières, et même l'instabilité politique pour les gros groupes brassicoles présents à l'international. Les revenus du géant néerlandais se sont repliés de 5% au premier semestre 2025, et le chiffre d'affaire affichait encore un recul au troisième trimestre 2025 (-3%), principalement aux Etats-Unis et en Europe.
Le futur PDG de Heineken aura donc fort à faire, notamment en redirigeant les ressources de l'entreprise vers certaines marques et marchés phares. Il est également attendu que les ventes, les profits et les économies atteignent leurs objectifs à l'avenir.




