Heineken a d'autant plus de raisons de faire grise mine... Son concurrent AB InBev, brasseur numéro 1 mondial, vient de lui chaparder sa place de sponsor officiel de la Ligue des Champions à partir de 2027. Un événement quelque peu historique puisque le géant brassicole néerlandais accompagnait l'illustre compétition sportive depuis trois décennies. Les négociations avaient déjà débuté l'année dernière, pour un contrat valide jusqu'en 2033. Toutefois, Heineken continuera de soutenir le championnat féminin jusqu'en juin 2030 au minimum : l'accord d'AB InBev ne concernant que la compétition masculine. Le plus grand brasseur au monde rajoute une nouvelle corde à son arc déjà bien garni en partenariats avec le monde du sport : rappelons qu'il est également partenaire officiel du Comité International Olympique et qu'il s'est associé l'année dernière à Netflix afin de diffuser en direct les événements sportifs sponsorisés par InBev. C'est le cas de la Coupe du Monde ou de la NFL (National Football League, l'association professionnelle de football américain).
Comme son principal concurrent (et comme le monde de la bière dans son ensemble), AB InBev dévoile des volumes en baisse à l'occasion de la publication de ses résultats annuels. Une baisse de 2,6% par rapport à 2024, justifiée par "un environnement de consommation restreint sur certains marchés et des conditions météorologiques inhabituelles". Le bénéfice par action a par contre augmenté de 6%, et l'entreprise se dit confiante et bien positionnée pour entamer 2026. Il faut dire que l'entreprise détient dans son portefeuille 20 marques de bières générant plus d'un milliard de chiffre d'affaires chacune... Corona et Budweiser en tête. Elle tire également son épingle du jeu face aux nouvelles habitudes de consommation, avec une hausse du chiffre d'affaires de 34% pour les bières sans alcool. Sans parler de leurs nombreux partenariats sportifs donc.
Pas de quoi être étonné d'apprendre qu'AB InBev a investi 40 millions d'euros dans ses brasseries belges l'année dernière, en plus d'avoir investi un joli pactole aux États-Unis. Une manœuvre destinée à moderniser les différentes structures et à développer de nouvelles bières, notamment. Toujours aussi peu étonnant, puisque le GITEC (Global Innovation and Technology Center) autant que le siège de l'entreprise se situent toujours à Louvain, ce qui n'est pas près de changer. Notre pays compte aussi cinq brasseries, sept centres de distribution et près de 2800 collaborateurs. Une bonne raison d'investir à domicile, avant de déployer ces nouvelles recettes et technologies partout dans le monde.




