La relation entre Brewdog et ses employés continue de faire parler d'elle en mal, même six mois après son rachat par l'américain Tilray (et la fermeture de dizaines de bars, dont celui de Bruxelles). Cette fois, on apprend via l'administration d'AlixPartners (la société de conseil financier qui chapeaute le cas Brewdog) que les fonds sont "insuffisants" pour rembourser les créditeurs et anciens employés lésés par la chute de la brasserie écossaise. Et ce n'est pas tout : en plus des actions qui ne valent plus rien pour les fameux Equity For Punks (75 millions de livres à eux tous, environ 87,5 millions d'euros), en plus des 489 000 livres sterling (plus de 570 000 d'euros) que Brewdog doit encore à ses employés... l'entreprise compte aussi 2,4 millions de livres (pratiquement 2,8 millions d'euros) de TVA impayée. S'y ajoutent aussi 61 millions de livres à la banque HSBC, et 190 millions de livres pour divers créanciers chirographaires.
Une ardoise colossale que l'entreprise en faillite risque d'avoir bien du mal à payer. Les personnes licenciées ont reçu des informations pour recevoir des aides gouvernementales… mais cela ne remplace pas des indemnités en bonne et due forme. Et cela laisse de nombreux impayés dans tous les cas. La justification d'AlixPartners concernant ces impayés est la suivante : "des recettes insuffisantes [suite aux ventes des avoirs de Brewdog, NDLR] et une augmentation des coûts pendant la période de mise sous administration judiciaire." Il est vrai que ces différentes ventes, qui se chiffrent pourtant à quelques dizaines de millions au total, restent anecdotiques face à tout ce que doit encore Brewdog. AlixPartners évoque aussi des squatteurs, qui ont dû être chassés de divers bars fermés depuis mars.
Quant à la société d'investissement américaine TSG Consumer Partners, qui bénéficiait pourtant d'un tarif préférentiel contribuant à mettre sur la paille les Equity For Punks... elle devrait perdre 27,6 millions de livres dans ce chaos financier. Bref, personne ne semble vraiment gagnant dans ce fiasco multipliant les dettes énormes. À part peut-être les deux fondateurs ayant quitté le navire juste avant qu'il ne coule finalement : lorsqu'ils ont revendu leurs parts à TSG Consumer Partners en 2017, ils se sont partagé la coquette somme de 100 millions de livres... L'initiative "Second Best" de James Watt, qui visait à rembourser les actionnaires lésés, a d'ailleurs suscité elle-même la controverse. Outre l'impression de culot immense de la part de l'homme aux mille casseroles, les actionnaires se sont questionnés sur la façon dont James Watt a pu obtenir leurs informations personnelles. Pour l'heure, il semblerait qu'environ 50 000 personnes aient décidé malgré tout de refaire confiance à l'ex-capitaine de Brewdog, et que ce dernier envisage le rachat de trois brasseries pour lancer sa nouvelle marque.




