Sapporo, la plus américaine des brasseries japonaises, frémit, comme bien d'autres, face aux nouveaux droits de douane du président Donald Trump. On parle tout de même d'une taxe de 50% sur la bière en provenance du Canada, ce qui fait grincer des dents de nombreuses brasseries du deuxième plus grand pays du monde. C'est le cas de la brasserie Moosehead, qui ne fait plus aucun profit sur les bières qui passent la frontière en raison de ces droits de douane. Les exportations vers les États-Unis constituent quand même 15% de leurs volumes, et donc autant de pertes désormais. Si ces droits de douane perdurent, les finances de Moosehead pourraient en prendre un sacré coup, et demander des années pour retrouver des couleurs.
Quid de Sapporo donc? Le géant japonais entend rapatrier sa production canadienne vers les États-Unis, au moins en partie, afin de réduire l'impact de ces mesures drastiques. En l'état, cela concerne principalement la bière sans alcool produite au Canada à destination du marché américain, qui devrait donc être produite directement au pays de l'Oncle Sam à partir de la première moitié de l'année 2027. Les États-Unis représentent l'un des principaux marchés de Sapporo hors du Japon, tandis que la production de bière sans alcool ne constitue que 0,5% de la production de Sleeman Breweries (qui se charge de produire cette bière sans alcool pour Sapporo). La marque japonaise pourrait également construire ou racheter une brasserie à l'Ouest des États-Unis, ou bien trouver un partenariat sur place.
Une grosse partie de la production canadienne de boissons alcoolisées est vendue localement, ce qui ne devrait pas impacter trop fortement les recettes des différentes entreprises, à part peut-être celles les plus proches de la frontière. En revanche, la principale destination des exportations reste le voisin américain, qui compte pour 90% des exportations totales de boissons alcoolisées (en particulier les spiritueux). Seulement 10% de la production totale de bière canadienne est exportée vers les États-Unis. L'impact devrait donc être dans l'ensemble plutôt minime, mais les relations commerciales entre les deux pays risquent de s'envenimer encore davantage, ce qui n'arrange pas les brasseurs qui évoluent encore et toujours dans un climat d'incertitude.




