Brasserie De Ranke

Visite de la Brasserie De Ranke

Quand on parle de bières amères en Belgique, on pense très vite à la Brasserie De Ranke.

Fils et petit-fils de limonadier, Nino Bacelle se lance un jour comme brasseur. En 1994, il ouvre sa brasserie et lance sa première bière, la Guldenberg, qu’il brasse dans les installations de la Brasserie Deca. Deux ans plus tard, avec son ami Guido Devos, il crée la Brasserie De Ranke (du nom de la tige de houblon) et brasse la XX Bitter, première d’une longue liste de magnifiques bières amères. En 2000, les bières acides rejoindront la gamme et en 2005, Nino et Guido quittent les installations de la Brasserie Deca et installent leur propre brasserie à Dottignies.

Comme pour tout le monde, 2020 a été une année difficile pour De Ranke. La brasserie a accusé une perte de volume de 25 à 30 % et s’estime encore chanceuse.

Son avantage majeur, selon Nino, est que le dernier gros investissement a été réalisé en 2015 et donc ne pesait plus sur les comptes de la brasserie. Par ailleurs, le fait d’exister depuis 27 ans leur a permis d’avoir une base financière stable, chose confortable pour pouvoir tenir bon dans la tourmente.

Comment s’occuper quand les ventes sont au plus bas ? L’équipe a choisi la créativité. Ils sont ainsi lancé la Kriek Oudernarde (sur base de Oud Bruin et pas de lambic) et une SimpleX lager. Celle-ci posait cependant des problèmes au brassage : l’outil n’étant pas prévu pour ça, elle ne pouvait se brasser qu’en hiver.

La brasserie, après réflexion, a décidé (contrairement à certains de leurs collègues tels ‘t Verzet ou Alvinne) de ne pas lancer de webshop. Ils ont en effet trouvé injuste de faire de la concurrence directe à leurs clients distributeurs. Ils ont toutefois testé lors du premier confinement la livraison de leurs bières à vélo dans Dottignies et Mouscron. Outre ces quelques tentatives, la brasserie a décidé de se recentrer sur la qualité des bières de la gamme et les travaux prévus dans la brasserie.

Ainsi, il est prévu qu’une laveuse arrive. Nino croit de plus en plus dans l’importance de la bouteille consignée pour éviter les déchets. Dans ses trajets autour de chez lui et vers la brasserie, il voit trop de cannettes dans les caniveaux, dans les champs. Même si il est d’accord que la cannette est un bon emballage pour certaines bières, il est convaincu que la consigne reste le meilleur contenant écologique. La brasserie a aujourd’hui le volume suffisant et l’espace pour mettre une laveuse. Ils ont trouvé une machine d’occasion qui est en révision et sera mise en route sous peu.

Quelques collaborations ont aussi eu lieu. Nino est strict dans ses collaborations. Il les choisit avec soin. Il préfère ainsi aider les jeunes brasseries à travailler dans ses installations, leur montrer comment De Ranke fait de la bière, les aider à se lancer. Il l’a fait pour les brasseries de la Senne et t’Verzet, et le fait toujours pour Novabirra. Dans ces cas, le cadre est strict : on travaille dans le même esprit, avec des cônes, naturellement.

Mais cette année, Nino a réalisé une collaboration avec la Brasserie des Légendes. D’un côté, il y a Pierre. Sa spécialité, c’est le grain, l’orge qu’il cultive lui-même. De l’autre, il y a Nico de Guido, dont la marque de fabrique, c’est le houblon, hyper local. C’est donc une alliance intéressante, qui permet d’aller plus loin ensemble que ce que font ces deux brasseries séparément. La bière créée a eu son clair succès et si vous n’avez pas eu l’occasion de la goûter, c’est malheureusement déjà trop tard.

Enfin, sachez qu’il est toujours possible d’aller boire un verre à la brasserie. La taproom est ouverte tous les vendredis et samedis après-midi. Profitez-en, la carte en vaut la peine !

Dégustation

Nino ne m’a trop laissé le choix : si je voulais discuter avec lui, après la visite de la brasserie, c’était devant un verre ! Direction la terrasse de la taproom. Après m’avoir proposé une XXX Bitter, la version encore plus houblonnée de la XX, Nino m’a proposé de terminer une bouteille (entamée, je vous rassure) de Mirakel.

Nommé ainsi parce que Dottignies est en-dehors de la zone géographique du lambic, la Mirakel est la « gueuze » de chez De Ranke. Un miracle si loin de la Senne et du Pajotteland. De Ranke a en effet brassé son « Spierenlambiek » (du nom de la rivière qui coule tout près de la brasserie, la Grande Espierres) et, sur cette base, a créé un blend avec deux lambics traditionnels. Cette Mirakel présente tous les marqueurs typiques des gueuzes et ajoute une très belle bière acide à la gamme de De Ranke.

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