L'Abbaye de Stavelot révèle sa propre bière pour garnir la carte de son restaurant

L'abbaye de Stavelot dévoile une toute nouvelle bière

Avant toute chose, il est sans doute bon de rappeler qu'une bière d'abbaye n'est pas soumise aux mêmes conditions strictes qu'une bière trappiste. Il est même très fréquent qu'il ne s'agisse là que d'une technique marketing, souhaitant vendre l'image d'une bière traditionnelle, voire historique. Bien entendu, ce n'est pas parce qu'une bière d'abbaye n'est pas brassée directement sur place qu'elle n'est pas bonne !  La toute nouvelle bière de l'abbaye de Stavelot, produite par la brasserie Peak à Sourbrodt en région liégeoise, pourrait en être la preuve. Il s'agit d'une blonde belge classique titrant à 6%, pensée pour accompagner l'offre du restaurant de l'abbaye. L'idée de brasser une telle bière date d'il y a une bonne année déjà, et part d'un compromis entre Peak (qui souhaitait élargir sa gamme avec un produit un peu spécial) et l'abbaye de Stavelot (qui ne disposait pas de bière à son nom, et qui recherche de nouvelles sources de financement). Une pirouette marketing qui devrait bénéficier aux deux parties, tant les bières d'abbaye continuent de bénéficier d'une aura de qualité auprès des amateurs.

Andy Finck, fondateur de Peak, explique qu'il ne s'agit pas d'une bière à étiquette (c'est-à-dire une recette déjà existante mais vendue sous un autre nom, une autre marque, NDLR). Il s'agit bien d'une recette créée pour l'occasion, avec une levure travaillée pour proposer une bière accessible, ronde et fruitée. Elle est disponible au fût et en bouteilles de 33 cl, et devrait bientôt se décliner en bouteille de 75 cl également... et pourquoi pas en version "double" voire "triple"? Le succès est en tout cas attendu et espéré par les deux entités, puisque l'abbaye souhaite attirer de nouveaux visiteurs (elle en attire déjà près de 100 000 par an), tandis que Peak aimerait faire de cette petite dernière sa nouvelle coqueluche. La brasserie compte bien faire en sorte que 40% à 50% de ses ventes soient constituées de la bière de l'abbaye de Stavelot, ce qui représente tout de même une jolie part de gâteau lorsqu'on est capable de brasser 5000 hectolitres par an... Andy Finck se veut tout de même modeste et vise plutôt les 500 hectolitres pour le reste de l'année 2026 et le double pour l'an prochain.

Précisons enfin que cette nouvelle bière est une "bière belge d'abbaye reconnue"... une autre petite subtilité ! En effet, cela lui donne le droit d'apposer un logo sur son étiquette, un peu à la manière du label ATP ("Authentic Trappist Product"). Les conditions sont moins rigoureuses, mais elles existent, et impliquent notamment que l'abbaye existe ou ait existé, que cette dernière ait un droit de contrôle en matière de publicité, qu'un contrat existe entre la brasserie et l'abbaye, et que des royalties soient payées auprès de l'abbaye (qui doit en retour soutenir des œuvres caritatives). Cela explique pourquoi d'autres bières dites "d'abbaye", telles que la St.Bernardus, la Paix-Dieu ou la Tripel Karmeliet, ne sont PAS des bières d'abbaye reconnues. L'abbaye de Stavelot était l'une des rares à ne pas avoir de bière à son nom. Une erreur désormais corrigée.

 

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