Connue pour sa Blanche de Charleroi, la "Chérie" ou encore l'Abbaye d'Aulne, la brasserie du Val de Sambre s'apprête à baisser le rideau. C'est en tout cas ce que rapporte la chaîne de télévision locale Télésambre, et les raisons sont beaucoup trop connues : une période Covid dévastatrice après laquelle la brasserie n'a jamais vraiment su se relever, et un paysage brassicole plus rude que jamais : tiraillé entre habitudes de consommation changeantes et compétition féroce pour s'accaparer ce marché qui rétrécit. Après la faillite de La Manufacture Urbaine l'année dernière, le paysage brassicole carolo parait aujourd'hui bien morne... Seule "Urban Brewery", née sur les cendres de La Manufacture Urbaine justement, semble perdurer (malgré près d'un an sans nouveau post sur ses réseaux sociaux).
Car justement, c'est entre autres un effet domino qui aura eu raison de la brasserie du Val de Sambre : une commande de près de 300000 euros n'a pas été complètement payée par La Manufacture Urbaine notamment. C'est ce qu'explique le directeur opérationnel Frédéric Colinet au micro de Télésambre, en rajoutant avoir également perdu un gros client de leur marché chinois... Il reconnait toutefois que des erreurs ont également été commises par la brasserie elle-même, notamment un manque d'attention accordée à la clientèle locale et régionale. "On a cru à tort que le marché international allait se relancer à un moment. La Chine, cela représentait 50% de notre activité."
Cette faillite intervient quelques mois après la date symbolique du dixième anniversaire de la brasserie. En effet, si l'Abbaye d'Aulne existait déjà au Moyen Âge, et que d'anciennes recettes monastiques ont été rebrassées dès 1998 sur le site même de l'abbaye, c'est en 2015 que la brasserie du Val de Sambre voit réellement le jour à Thuin. La production plus que raisonnable de 50000 hectolitres par an, brassée à façon dans le passé, est rapatriée localement. Son inauguration a lieu en 2019... malheureusement juste avant la pandémie. La guillotine est alors d'ores et déjà tombée, et les ventes ne suivent ni en Belgique, ni à l'étranger. La brasserie comptait pourtant beaucoup sur le marché international, misant jusqu'à 75% d'exportations au sein de 22 pays.
Lueur d'espoir dans la pénombre : la gamme de la brasserie du Val de Sambre pourrait toutefois survivre puisque les marques appartiennent à un investisseur espagnol ayant injecté 9 millions d'euros dans les installations de la brasserie. Il est possible que ces bières soient rebrassées ailleurs, ce qui sauverait un symbole du paysage brassicole carolo : les bières de l'Abbaye d'Aulne existant depuis les années 1960. Val de Sambre employait une douzaine de personnes.




