Les Brasseurs Belges publient leur rapport annuel pour l'année 2025

Rapport annuel des Brasseurs Belges 2025

Qui dit mois de juin, dit forcément rapport annuel des Brasseurs Belges. Un rendez-vous intéressant pour décrypter les dernières tendances et réalités du milieu brassicole, bien que les dernières années enchaînent plutôt les mauvaises nouvelles. Hélas, ce n'est guère mieux pour ce nouveau rapport, qui annonce la couleur dès le début : "L’an dernier, les Belges ont consommé 2,5 milliards de bières, soit un demi-milliard de moins qu’il y a 10 ans". Une phrase choc, mais qui n'a rien d'un scoop, cela fait des années que l'attrait pour la bière est en net recul. De 1% ou 2% ci et là, mais qui finissent par s'accumuler. C'est même un recul de 3,2% pour 2025, et donc 20% de moins qu'il y a dix ans. Plus précisément encore, ce sont les ventes dans l’horeca qui ont le plus souffert en 2025, avec un déclin de 4,1 %, contre 2,6 % dans le commerce de détail. Le rapport continue sur sa lancée moribonde en soulignant que les exports et le nombre de brasseries sont également en baisse : l’exportation, qui représente 70 % de la production de bière belge, a diminué de 4,8 %. Le nombre de brasseries est passé de 411 à 395, avec 28 fermetures contre 12 ouvertures.

Les causes sont aussi peu surprenantes que les résultats eux-mêmes, si vous suivez même d'un œil distrait l'actualité du secteur depuis quelques années : hausse des coûts, habitudes de consommation changeantes... mais aussi l'instabilité géopolitique internationale (affectant l'export) et de nouvelles réglementations. Malgré des investissements plus conséquents l'année dernière (213 millions d'euros, environ 20% de plus que l'année précédente), et des bières faiblement ou pas du tout alcoolisées toujours plus populaires (+17% par rapport à 2024), le secteur brassicole belge peine à garder la tête hors de l'eau. Le rapport annuel en profite donc pour quémander une "marge de respiration" aux autorités, afin de "continuer à entreprendre et innover".

Voici ce que demande l'organisation (citation directe du communiqué de presse) :

1. Pas de nouvelles charges. Le secteur contribue déjà aujourd’hui à
hauteur d’environ 650 millions d’EUR via les accises et les taxes. La
bière est déjà plus chère en Belgique que dans les pays voisins, ce qui
encourage les achats transfrontaliers.

2. Orienter la politique vers la lutte contre l’abus d’alcool. Les brasseurs
y sont pleinement favorables, contrairement au fait de viser la grande
majorité qui consomme de façon raisonnable et modérée.

3. Associer le secteur. Depuis 30 ans, les brasseurs prouvent leur
engagement avec BOB, l’autorégulation pour la publicité pour l’alcool
et l’innovation sans alcool. Une politique fonctionne mieux lorsqu’elle
est déployée avec le secteur, et non pas à son insu.

Le communiqué s'achève en rappelant que 2026 marque le dixième anniversaire de la culture de la bière belge au patrimoine immatériel de l'UNESCO. À cette occasion, le fameux Belgian Beer Weekend qui a lieu chaque année début septembre se déroulera pendant toute une semaine (le site internet de l'événement parle toutefois toujours du 4 au 6 septembre). "Nous voulons faire de 2026 une année où nous remettons la culture de la bière belge positivement sous les projecteurs [...] Car il s’agit d’un patrimoine dont nous pouvons être particulièrement fiers. Un atout que nous devons chérir.", conclut Krishan Maudgal, directeur de Brasseurs Belges.

Comme d'habitude, l'intégralité du communiqué et ses statistiques sont à consulter directement en ligne, à cette adresse.

 

 

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