Les jours passent et se ressemblent : pour la troisième fois, l'asbl Brasseurs Belges appelle le gouvernement fédéral à revoir sa copie en matière de publicité pour les produits alcoolisés. Rappelez-vous : la phrase qui fâche, c'est ce fameux "l'alcool nuit à la santé", éclipsant la notion d'abus pour faire disparaître toute nuance auprès du consommateur. Pas grand-chose en apparence, mais un message qui hérisse le poil de nos brasseries, qui essuient déjà des difficultés en cascade depuis la période Covid. Les ventes, en dehors du sans alcool, baissent d'année en année, et un tel son de cloche pourrait inciter la population à renier totalement la consommation de boissons alcoolisées, quand bien même une consommation responsable et mesurée serait amplement possible. Cette fois, en plus de l'asbl Brasseurs Belges, ce sont aussi les fédérations horeca flamande, wallonne et bruxelloise, Comeos, Fevia, UNIZO et FEBED qui montent au créneau pour dénoncer ce message trop simpliste.
« Alors que la France défend son vin comme un patrimoine culturel et que l’Italie protège fièrement son jambon de Parme, la Belgique choisit de montrer du doigt son propre patrimoine et sa fierté nationale. Comme s’il fallait désormais se justifier de partager une bière entre amis », affirment haut et clair les Brasseurs Belges, ainsi que plus de 100 brasseries et plus de 1.000 autres acteurs du secteur. Ce ras-le-bol est d'autant plus fort que l'asbl s'est déjà entretenue à plusieurs reprises avec les partis de la majorité ces deux dernières années, après avoir déjà tapé du poing sur la table début 2025, dès la publication de l’accord de gouvernement. Ils constatent qu’aucune action n’a encore été entreprise pour adapter le projet d’arrêté royal, d'où ce nouveau coup de gueule.
Les Brasseurs Belges sont d'autant plus furieux qu'ils soutiennent de longue date la lutte contre l'abus d'alcool, notamment au travers les différentes campagnes BOB, ou via les bières sans alcool qui apparaissent régulièrement dans les gammes de bières de leurs membres. Leurs revendications sont, dès lors, toujours les mêmes : "une concertation avec le gouvernement sur des propositions qui, elles, peuvent faire la différence dans la lutte contre l’abus d’alcool, contrairement à un slogan qui stigmatise de manière paternaliste tout un artisanat, tout un secteur et toute une culture." Ils invitent également la population à soutenir leur demande via ce site internet: https://belgianbrewers.be/lettre-ouverte/?lang=fr




