L'historien Roel Mulder déplore les erreurs du Belgian Beer World

Il faut bien l'admettre : chaque fois que l'on vous parle du Belgian Beer World, le fameux musée de la bière installé à la Bourse, c'est pour vous dire que le projet continue de se prendre les pieds dans le tapis.  Parmi les écueils épinglés le plus souvent par les visiteurs, il y a le contenu du musée lui-même, et ses informations prenant l'intéressé un peu trop par la main, sans réellement apprendre quoi que ce soit de réellement nouveau au beer geek, même novice. Pire encore : certaines informations sont même inexactes ! C'est ce que déclare le site "Lost Beers", axé sur l'histoire de la bière et les styles brassicoles traditionnels des Pays-Bas et de Belgique. Le site est chapeauté par l'historien néerlandais Roel Mulder, qui reconnaît les influences plus sensationnalistes du Belgian Beer World (notamment le musée Guinness de Dublin ou la Heineken Experience d'Amsterdam), mais déplore un manque de véracité dans les informations présentées par le musée. Autrement dit : Roel Mulder ne critique pas un manque d'exhaustivité ou d'informations réellement méconnues, mais bien le partage d'anecdotes historiquement fausses.

Il cite de nombreux exemples, tout en n'oubliant pas de sourcer ses propos. L'idée reçue affirmant que la bière remplaçait l'eau pendant le Moyen Âge est ainsi balayée : d'une part, il était nécessaire d'employer de l'eau potable pour brasser de la bière. D'autre part, les populations étaient moins concentrées, et la révolution industrielle était encore bien loin, causant moins de risques de pollution… Sans compter que les animaux, qui devaient tout autant s'abreuver qu'aujourd'hui, ne pouvaient pas compter sur la bière ! Le Belgian Beer World affirme aussi que le brassage était alors une affaire de femmes... Ce qui est vrai. En revanche, ce qui l'est moins, c'est l'association entre brasseuses et sorcières. Le musée affirme qu'un balai était accroché pour indiquer aux passants que de la bière fraîche était prête, que les brasseuses gardaient un ou plusieurs chats avec elles pour éloigner les souris du grain, tout en préparant leur bière dans un grand chaudron et en portant des chapeaux pour afficher clairement leur profession. Un lien amusant, et qui paraît évident... Sauf lors des premières chasses aux sorcières, plusieurs siècles plus tard, le brassage de la bière était déjà devenu l'apanage des hommes.

L'article épingle d'autres erreurs et approximations, et semble en occulter d'autres... par choix, par envie de garder un article digeste et concis. Roel Mulder termine en affirmant avoir contacté le management du Belgian Beer World à propos de ces erreurs factuelles, mais n'imagine pas recevoir une quelconque réponse. Les chiffres du musée sont toujours dans le rouge, et un nouveau directeur général vient de rejoindre l'équipe à la fin du mois de juin. Piet Jonckers succède ainsi à Dirk Lubbers, ex-manager de la Heineken Experience, et amène dans ses valises une expérience forte dans le domaine du tourisme, notamment chez Train World et Toerisme Vlaanderen.

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